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L'Arbre Canapas c'est aussi
Les Sept Messagers - Concert Festival D'Jazz Nevers Maison de la Culture 12h15 Première de la création du concert illustré (vidéo)
Nadja Sextet de clarinettes basses

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Téléchargez les photos du Sextet Nadja (© Bertrand Pichène)

 

 



PRESSE

CD ELU CITIZENJAZZ

On avait pu constater, avec son étude patiente et explosive de la Table de Mendeleiev, que Guillaume Grenard [1] aimait fondre sa musique dans un univers défini et en chercher tous les motifs possibles. D’en nourrir ses improvisations. Ici, le trompettiste ne joue pas, il compose et dirige pour un instrument peu habitué à la meute, la clarinette basse. Avec le Nadja Sextet, c’est à d’autres particules élémentaires qu’il s’attaque, à la fois moins tangibles et plus incarnées : celles de la Fiction. Si tant est, évidemment, qu’il y ait quelque chose de fictionnel dans l’évocation de Léona Delcourt dite Nadja, personnage sulfureux et étrange dont la réalité est devenu roman. Sorti en 1928, l’année de la naissance d’Eric Dolphy - car le Surréalisme est avant tout affaire de signes - Grenard s’est entouré de six clarinettistes basses pour proposer une lecture linéaire, comme autant d’étapes de ce qu’il confesse être son « livre d’île déserte ».

Il en résulte un travail de spatialisation très précis où les musiciens disposés en arc-de-cercle traduisent la finesse du fil qui conduit de la légèreté à la noirceur. De la malice à la folie. On est loin des équations chimiques de ses précédents albums, mais il y a une alchimie évidente : celle de la mécanique humaine, des interactions entre les voix intérieures et extérieures, guillerettes ou lugubres. Tout cela s’exprime avec une impressionnante dynamique collective. En témoignent les entrelacements raffinés de « Je ne suis qu’un atome qui respire au coin de tes lèvres qui expirent » où dans un abyme de souffle, on passe du sifflement léger au ronflement rauque dans une rythmique de clés parfaitement étudiée. Pour l’accompagner, le compositeur a puisé dans le riche vivier des clarinettistes de la Région Rhône-Alpes. Ceux de l’Arbre-Canapas d’abord, le collectif bressan qui édite cet album et dont Sylvain Nallet est le digne représentant. On retiendra de lui l’improvisation caustique de « Porte cavalière Madame, porte piétonne Monsieur » où Breton évoque la fidélité amoureuse de Victor Hugo, ou encore son pas de deux avec Samuel Chagnard. Clément Gibert de l’Arfi nous avait quant à lui enchanté avec Black Bourrée : la sauvagerie de ses cris sur « Chasser au grand-duc » tranche avec la légèreté des contrepoints de l’orchestre.

On retrouve également dans le sextet d’autres musiciens de l’ARFI comme Jean-Paul Autin, récemment aperçu au sein de l’Artfolia Libra, qui avec Emmanuelle Saby forme le cœur de la rencontre de « Savoir qui je hante ». Cette question cruciale et liminaire du roman lance la machine à images dont se sert Grenard pour ses compositions. Quant à Michel Mandel du collectif La Forge, la souplesse de l’instrument expérimenté dans Tuyaux fait merveille dans l’étrange « Le corps ensanglanté de l’enfant apparaît la tête en bas ». Si en filigrane de Nadja, André Breton interroge la fonction du Roman, Grenard lui répond en questionnant la fonction de l’orchestre, surtout lorsque celui-ci parle d’un même timbre et offre cependant des paysages luxuriants. Le but du compositeur n’est pas de raconter ou de résumer le livre, il est de s’inspirer de la liberté fugace et vacillante de l’héroïne dans une lecture très intime. Le sextet peut l’affirmer : « Nadja c’est moi », à la fois une et multiple. A l’auditeur revient en conclusion l’art de la citation : « La beauté sera convulsive ou ne sera pas ». Elle l’est.

par Franpi Barriaux // Publié le 28 février 2016



CHRONIQUE DU CD Nadja dans l’émission JAZZITUDE de Nicolas Dourlhès.

Extrait à écouter ici
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CHRONIQUE DU CD Nadja sur JAZZ MAGAZINE - Avril 2016



Jazz Rhône-Alpes.com/31 janvier 2011/Chronique du concert au Saint Fons Jazz Festival

Crée il y a quelques semaines au festival du Jazz Club de Grenoble, facilité par la plateforme régionale Jazz(s)RA, NADJA est une commande faite au compositeur Guillaume Grenard autour de l’œuvre du même nom d’André Breton qui raconte "sans affabulation romanesque" (surréalisme oblige) sa liaison de neuf jours avec une jeune femme. A sa parution en 1928, l’originalité de Nadja était celle d’un texte accompagné de photos et de dessins ; avec la musique de Guillaume Grenard, le récit illustré s’enrichit aujourd’hui d’une bande originale, sorte de musique de film intemporelle, qui emprunte aux musiques contemporaines , traditionnelles et bien sûr au(x) jazz (s), en prenant les accents totalement décomplexés et surréalistes d’un ensemble de six clarinettes basses. Les six musiciens proviennent de différents collectifs régionaux, Jean Paul Autin et Clément Gibert de l’ARFI , Michel Mandel de la Forge, Sylvain Nallet de l’Arbre Canapas, Elodie Pasquier de Imuzzic, et Emmanuelle Saby de la Tribu Hérisson.

La pièce musicale est constitué de douze tableaux qui comme un puzzle ordonné se réfère à une phrase ou à quelques mots interpelants de l’œuvre, énoncés chaque fois par un musicien différent en préalable à la composition musicale. On traverse entre autres (de façon surréaliste) "savoir qui je hante"... ; "l’étreinte de la pieuvre" ; "le corps ensanglanté de l’enfant apparait la tête en bas" ; "je veux toucher la sérénité d’un doigt mouillé de larmes" ; "on est venu il y a quelques mois m’apprendre que Nadja était folle" jusqu’à la dernière phrase de l’œuvre de Breton "la beauté sera convulsive ou ne sera pas". Les thèmes musicaux sont très variés et toutes les combinaisons d’un ensemble de clarinette sont passées en revue (à une, à deux, à trois ...) ainsi que toutes les possibilités sonores de l’instrument, avec bec ou sans, avec souffle ou sans ..., toujours follement virtuose et inattendu. Pas possible de résister, car on se fait balader, bousculer et finalement cueillir avec plaisir, au point de regretter qu’il n’y ait pas un treizième tableau (comme çà juste pour voir si l’effet persisterait !) Une expérience totalement surréaliste et envoutante.
Gérard Brunel


La suite "Nadja" du nom de l’œuvre d’André Breton joue sur l’équilibre partagé en risques par six clarinettes basses. Performance pleine de musicalité de six personnes sur un fil, pourtant bien chargées de leurs imposants instruments. On marie tranquillement dissonances et surréalisme. Ce sont des labiales toute en douceur virtuose, des souffles fougueux et apaisés, des effets de gorges déployés, et des frottis, tapotis sur les clés des instruments. Curieusement, c’est au moment de la séquence de la folie de Nadja que la musique semble se "structurer", prenant forme humaine et rayonnante, sonnant comme l’octuor pour vent en mi bémol majeur de Mozart. Six mêmes instruments mais différents, chacun y trouvant sa place. Puis nous voguons vers la conclusion dadaïste : "la beauté sera compulsive et ne sera pas".
Tchen Nguyen


Jazz Rhône-Alpes.com/8 novembre 2010/ Chronique du festival du Jazz Club de Grenoble

La programmation de ce 6ème festival d’automne du Jazz Club de Grenoble est plutôt culottée. Débuter par la création d’une commande à un compositeur (Guillaume Grenard du collectif l’Arbre Canapas) chargé d’illustrer Nadja. Une gageure d’autant plus qu’André Breton son auteur s’était refusé à toute description dans son roman préférant leur substituer des photos et des dessins. Une première en littérature.
Donc ce soir douze pièces au programme pour représenter ou évoquer l’œuvre. En fait douze phrases mises en musique par un sextet de clarinettes basse. Un autre parti pris qui peut sembler surprenant. Pas tant que cela, la clarinette basse peut jouer sur plusieurs tessitures et présente un vaste champ harmonique. L’ensemble jouant donc le rôle d’un orchestre.
Douze tableaux qui explorent aux travers de thèmes musicaux très différents toutes les palettes sonores de l’instrument. Ça sonne, ça slappe, ça bruisse, ça souffle, ça ventile, ça s’entrechoque; ça mélodique ; ça gratte ; ça surprend... en tous cas ça nous fait voyager dans les univers oniriques portés par Breton et on se laisse volontiers embarquer.

Dans l’ordre les phrases retenues sont :
Savoir qui je hante
Porte cavalière, Madame. Porte piétonne Monsieur.
Chasser au grand-duc.
L’étreinte de la pieuvre.
Le corps ensanglanté de l’enfant apparaît la tête en bas.
Elle me dit son nom, celui qu’elle s’est choisi.
Madame Sacco, voyante, 3 rue des usines.
On ne m’atteint pas.
Je ne suis qu’un atome qui respire au coin des lèvres ou qui expire.
On est venu il y a quelques mois m’apprendre que Nadja était folle.
Cette femme feignant de se dérober dans l’ombre.
La beauté sera compulsive ou ne sera pas.


Autant dire qu’il faut s’accrocher au livret pour se mettre dans l’ambiance. Les craintes préalables qu’on aurait pu avoir sur une telle représentation sont vite levées par la richesse et la densité de l’œuvre. La clarinette basse et le talent des six musiciens suffisent à proposer une expérience intéressante à la frontière du jazz et de la musique contemporaine. Autre première, il s’agit d’une co-production JAZZ(s)RA ; Jazz Club de Grenoble et Grenoble Jazz Festival qui a permis de réunir des musiciens de différents collectifs rhonalpins: Jean-Paul Autin et Clément Gibert de l’ARFI ; Michel Mandel de La Forge ; Sylvain Nallet de l’Arbre Canapas ; Elodie Pasquier d’ImuZZic et Emmanuelle Saby de la Tribu Hérisson.

Pascal Derathé

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