Ici l’oeil écoute !
Peu de peintres ont été aussi inspirés par la musique que Kandinsky, qui poursuivait la quête d’une synthèse des arts. C’est cette correspondance entre les éléments du tableau Doux Dur et leurs musiques qu’explorent deux musiciens dans ce concert à regarder, lumineux et coloré. Une invitation à plonger dans l’univers de Kandinsky, à la découverte des couleurs, des formes, des contrastes et similitudes de cette oeuvre picturale.
Au début, les éléments du tableau - carrés, triangles, ronds, demi lunes... - jonchent le sol, épars. Ils commencent à réagir aux sons des instruments, à s’illuminer en écho au chant de la clarinette ou du vibraphone, à changer de couleur selon les variations de la musique.
Une chorégraphie de lumières se dessine, quand les formes répondent en s’illuminant aux phrases des percussions, aux mélodies de l’accordéon, au chant de la scie musicale. Les musiciens déplacent les éléments du tableau, jouent à associer musiques, formes et couleurs.
Au fil de leurs expérimentations musicales et visuelles, la composition du tableau Doux Dur commence à apparaitre...
Vassily Kandinsky, qui pratiquait le violoncelle et l’harmonium, est bouleversé par la révélation de Lohengrin, un opéra de Wagner créé en 1850, qui l’incite à abandonner le droit pour la peinture. De ses premiers paysages russes à ses dernières « Compositions », ainsi qu’en mettant notamment en scène les Tableaux d’une exposition de Moussorgski en 1928, Kandinsky a trouvé dans le langage de la musique la voie à emprunter.
Avec Doux-Dur, Thibaut Martin et Sylvain Nallet propose à leur manière cette synthèse des arts chère à Kandinsky à travers une relecture musicale et visuelle de cette oeuvre graphique au croisement de plusieurs disciplines artistiques : la chorégraphie d’objets, la création d’un dispositif lumineux qui interagit avec la musique, ainsi que la composition et l’interprétation d’une pièce musicale associant jazz, musiques du monde et contemporaines.
Dans cette forme hybride, ils explorent les liens étroits entre les formes géométriques, les couleurs, la composition d’un tableau et les procédés fondamentaux de la musique : nuances, rythmes, répétitions, variations, intensités...
Doux Dur est un concert à regarder, une petite forme légère et autonome techniquement, pour jouer en accueillant le public sur un plateau de théâtre ou hors les murs d’une salle de spectacle (médiathèques, écoles, salle des fêtes...).
Voyage au centre des sons
C’est cette possibilité de rendre concrète la construction d’une composition musicale en mettant en mouvement des objets, de donner à voir le son en soulignant l’apparition de rythmes, de mélodies ou de matières par la programmation de lumières d’ombres colorées qui sera explorée et développée par Sylvain Nallet et Thibaut Martin. Les deux musiciens composeront une partition qui associera aux parties instrumentales (clarinettes, saxophones, accordéon, scie musicale, vibraphone, percussions...) une écriture rythmique pour lumière d’ombres.
Doux-Dur sera conçu pour un dispositif scénique bifrontal, qui permettra de créer une proximité avec les spectateurs, propice à l’observation des machineries poétiques et à l’écoute des sons. Cet univers tout à la fois intimiste, onirique et très concret permettra aux musiciens de s’adresser à un très jeune public dès 6 mois, dans une version pour une petite jauge d’une durée de 30 minutes environ.
Une version tout public fera découvrir aux petits et aux grands cet univers musical coloré et lumineux, à la croisée du jazz, des musiques du monde et contemporaines.
